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France - Japon 2021

DUBROVNIK-ISTANBUL

Les Irreks quittent Dubrovnik pour une belle étape vers Tirana avec 2 passages de frontières : le Monténégro et l’Albanie. Ils roulent par petites grappes de 2 à 4 motos en suivant leur roadbook avec le camion POPEYE derrière et le 4×4 Sherpa qui papillonne pour faire les images. Le Montenégro est une très belle surprise pour tous, avec ses petites routes suivies dans l’intérieur du pays, sa route des Serpentines au départ de Kotor et ses petits villages parsemés le long de routes côtières. Popeye nous attend juste avant le passage de frontière Albanaise puis nous franchissons ce poste assez facilement, direction Tirana et son trafic urbain infernal. Dans un cagnard de taulard, on progresse par quart de tour de roue dans des embouteillages monstre. Les Africa Twin ne bronchent pas, ne chauffent pas et nous amènent à bon port. Ce soir c’est la grosse fiesta avec mes potes bikers Albanais. Ceux dont vous avez peut si vous les croisez sur la route mais ceux que vous adoreriez si vous les connaissez. Roland, Tani et toute leur gang est là. Ils nous ont convié dans un bar du centre ville ou l’alcool coule à flot, les tatouages se toisent et les genres se matent. Pour certains Irreks c’est une sorte de guet append  qui leur rend très compliqué le retour à pied vers l’hotel… Mes potes Albanais me font essayer leurs bécanes, Harley and co, mais franchement c’est pas ma came, je ne me vois pas voyager en tracteur.  Avec Tani et sa bande, on se donne RDV en Octobre ici pour préparer des projets ensemble puis on se touche le coin du front pour se saluer, je dois rentrer préparer la suite du voyage. Pour certains la nuit sera longue et comme le veut la tradition, ce qui se passe à Tirana, reste à Tirana.

Le 13 juillet, la horde s’envole vers la Macédoine du Nord, nouveau pays, nouvelle rigolade. UN petit groupe qui restera anonyme par solidarité, a (très) mal interprété le roadblock du jour et ont fait le tour complet du lac d’Ohrid. Entrés en Macédoine du nord, puis ressorti en Albanie puis re-rentrés par le même poste de Macédoine du Nord. Une sorte de navigation à la hamster. Forcément ils sont arrivés les derniers à l’hotel le soir et ont été forcés de payer l’apéro à tout le monde. De son coté, le dernier des Irreks, Gilles CHAUVE (surnommé Big Foot car il chausse du 49) qui n’a pas pas pu partir avec nous de France continue ses mésaventures. Il a du attendre de recevoir sa nouvelle carte grise le 8 Juillet pour partir de Annemasse. Mais une fois arrivé près de Trieste, il s’est aperçu qu’il n’avait pas pris le bon passeport et a du retrouver fissa en France, soit 1400 bornes la tête dans le guidon pour rien.

De notre coté, dans un mode plus paisible, nous vadrouillons la Macédoine du Nord en direction de la Grèce pour une journée mi-canonball vers Kavala où nous célébrons un nouveau pays de notre épopée. C’est la fête nationale française mais  on s’en fiche un peu, nous sommes plutôt dans un univers d’hymne international. Un impressionnant nuage de cigognes ont croisé notre route de transhumance, le mercure continue sa lente progression vers notre limite d’acclimatation et nous progressons sereinement vers un horizon toujours aussi incertain. Pendant ce temps là, Big Foot gère se soucis administratifs, toujours pas intégré physiquement au groupe. Il reprend la route demain 15 juillet pour nous rejoindre à Istanbul demain soir.

Pas trop le choix pour notre 10ème jour de voyage, nous devons béquiller des bornes pour relier Istanbul a plus de 400 bornes de Kavala avec une frontière à passer. Je pars tôt, avant le groupe pour entamer les formalités de carnets de douanes, car je dois les tamponner pour valider la sortie officielle de la CEE pour nos véhicules.  A la frontière de sortie grecque, après une séance de palabre habituelle à ce poste frontière, j’attends les véhicules pour les parquer devant le bureau de douane et valider un par un leur sortie de la CEE. Popeye, Sherpa, les 4 motos de T3 et les motos de clients sont vérifiées mais seuls 4 carnets sur 5 sont tamponnés. Si le carnet regroupant 9 motos de clients, il manque celle de Big Foot, quelques part en train de fendre la bise sur sa CRF 1100. Au début le chef de douane nous demande  de l’attendre mais il n’arrive que demain après midi. JE réussi a lors à négocier de rester “en otage“ ici pour permettre au groupe de filer vers Istanbul comme prévu. Je leur donne les consignes pour le roadbook et les laisse filer sans chef vers la Turquie. Une fois que je sais qu’ils ont passé la frontière turque sans souci, je retourne 45 km en arrière a Alexandropouli pour attendre Big Foot jusque’à demain. On rattrapera le groupe demain soir tranquillement. Le soir même Gilles m’informe qu’il est arrivé à Belgrade pour se reposer, il repart demain tôt pour me retrouver.

Le vendredi 16 juillet devait être consacré aux formalités pour récupérer nos visas Iraniens et Kazaks, mais au final on devra attendre quelques jours pour les récupérer plus loin pour les récupérer. C’est donc journée libre à Istanbul pour les Irreks qui en profitent à fond. En attendant des nouvelles de Big Foot, je travaille dans ma chambre d’hôtel à préparer l’arrivée du camion des 20 motos prévu d’arriver à Bishkek début de semaine prochaine à Bishkek pour les 2 circuits successifs A2 KIRGHIZ et PAMIR 2021 au Kirghizistan.

A 15H00, Big Foot m’envoie un sms : tout va bien, je suis en Bulgarie à 90 km d’Alexandropouli, j’arrive dans une heure. Je ferme mon ordi, prépare mon sac et me prépare à le réceptionner pour partir ensemble sur Istanbul. 16H00… 17H00… 18H00… Toujours pas de nouvelles. Avec la réceptionniste de l’hotel dont le mari est chef d’un club motards Grecs, on appelle la police pour savoir s’il y a eu un accident. On appelle la douane.  Une centaine de motards grecs de la région sont informés pour chercher des infos sur Big Foot et son Africa Twin. Il est toujours quelque part en Bulgarie à moins de 20 km de la frontière grecque. Aucune nouvelle. Je décide de partir fond de balle avec ma moto JOEY jusqu’à la frontière Bulgare pour glaner des infos. Mais le chef de douane local me garanti qu’aucun Gilles Chauve n’est entré sur le territoire Grec… En rentrant je déclenche l’alerte disparition auprès de la communauté motarde des balkans et des autorités locales. Des services hauts placés en France sont informés, ainsi que le consulat de France en Bulgarie. Depuis Tashkent, c’est Eric Lobo et son amie Malorie qui sont les plus engagés dans cette recherche. Ils obtiennent un rapport de police Bulgare via leurs amis motards locaux, qui confirme qu’aucun motard français n’a été arrêté par la police ni dans un hôpital ni aucun accident moto dans la zone frontalière… Pourtant, quelqu’un lit les messages envoyés sur le WhatsApp et le Messenger de Gilles et ce n’est pas lui car il communique tout le temps et facilement. Son téléphone est entre les mains d’une autre personne. Un groupe de motards Bulgare ratissent toute la zone de 20 km avant la frontière sur le route 5à la recherche de Big Foot. On est tous inquiets…

Photos T3 / T. Renavand – E. Massiet du Biest