Portrait de MAEVA

Portrait de MAEVA

Enfant, je savais qu’une fois grande je voulais être libre. A 14 ans j’avais décidé de devenir soit cameraman soit pilote d’hélicoptère. Mais mes parents qui avaient un cursus scientifique n’étaient pas d’accord. Alors comme j’étais bonne en français, maths et physique, je me suis retrouvée à faire l’ENS à Lyon puis des stages au CNRS. Je me suis spécialisée dans la biologie car cela permettait un peu plus de créativité autour de l’écriture sur le vivant. Lors de mes stages au CNRS, j’étais dans le concrêt, dans l’action, comme lorsque je travaillais sur l’influence de bactéries dans la régénération de plantes vertes dans un environnement de pâturages en pleine brousse de Côte d’Ivoire. Ça me plaisait.

Mais ce n’est que quand je me suis retrouvée à l’Ecole de Journalisme et Communication de Marseille que j’ai commencé à prendre plaisir dans mes études. C’est là que j’ai eu une camera en main pour la première fois et que je me suis trouvé une vocation.

Dans mes années ENS, j’ai rencontré des amis qui avaient le niveau pour louer un bateau et qui m’ont fait découvrir la voile. Je suis tombée amoureuse de la mer. A ce moment-là, je me suis promis qu’un jour je ferai le tour de Corse en voilier. Je ne l’ai toujours pas fait. Par contre, suite à mon embauche comme responsable administratif des Glénans à Baltimore en Irlande, j’ai pu enfin faire ma première transatlantique en 2013. Puis en 2016 je suis partie comme correspondante de bord avec TARA EXPEDITIONS dans le Pacifique. L’année suivante, je suis partie 9 mois à bord de la CLIPPER RACE, toujours comme reporter d’images. Professionnellement, mes plans A ne marchent jamais, mais mes plans B me comblent. Je n’ai pas pu être pilote d’hélico mais je suis devenue pilote de drone, et j’y trouve un plaisir intense.

La première fois de ma vie que je suis montée sur une moto c’était à Brisbane pour le départ du raid GS DUNDEE de T3, pour près de 8.000 km. C’est le métier que j’aime par dessus tout, être reporter d’images en itinérance et sur la durée. Si je compare la voile à la moto, à chaque fois on est dans une sorte de bulle qui se déplace dans le temps et l’espace et dont il est difficile de sortir. Dans les deux cas je ne pilote pas et ça me frustre. Faut que ça change. J’aimerais pouvoir skipper un voilier moi-même sur un océan. Par contre, dans ces deux modes de voyage, on retrouve la liberté, les grands espaces, la notion de risque maîtrisé, l’Aventure… La voile est plus limitée que la moto en opportunités de rencontres et paysages, mais on navigue au-dessus de rien, sur une coque de noix. C’est plus fort.

La moto reste une belle découverte pour moi, un univers nouveau et attirant car plus probant pour mieux connaître les pays et les gens rencontrés. A travers ces 22.000 kilomètres en moto de Bangkok à Paris, je suis impatiente de découvrir l’Iran. La traversée de l’Europe en été me rappellera de très bons souvenirs de vacances en famille. En découvrant récemment ces grands sommets du Tibet qui nous accompagnent sur des altitudes impressionnantes, je retrouve cette sensation des océans. On se sent tout petit et à la merci de dame Nature. On peut se faire engloutir par de l’eau ou des pierres quand elle le décide. Je respecte toujours les consignes de sécurité et les directives du chef de bord, mais j’aime cette notion de risque en expédition qui permet souvent d’aller au-delà du possible..

Maéva

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