Portrait de Christophe

Portrait de Christophe

Portrait de Christophe JOYE

“Carcassonne”

J’ai fait une école hôtelière à 15 ans et j’ai eu un très gros accident de moto à 16 ans, avec une enduro 50 cc AIM GAUTHIER. J’ai failli perdre ma jambe qui avait le frein à pied planté dedans. Je suis allé d’hôpital en hôpital pendant 4 ans. Puis je suis parti à 20 ans pour faire mes classes hôtelières. Ma vie a été un peu comme une boule de flipper au début. On arrive dans un pays, on fait des rencontres, qui nous suggèrent l’opportunité de l’horizon suivant. Je suis parti 3 ans à Londres. Puis un ami m’a proposé de partir aux Bermudes. J’ai bossé là-bas pendant un an, puis suis parti deux semaines en bateau stop à St Barth, sur un superbe voilier de 27 mètres…

Apres quelques mois de boulot, ma boule de flipper m’a envoyé en Floride, puis à Toronto pour une saison, puis Floride à nouveau.  Un jour mon père m’a appelé pour me dire que si je voulais dire au revoir à mon grand père, c’était maintenant ou jamais. Il était mourant.

Je suis rentré en France en 1989 pour saluer grand père une dernière fois. Puis en 1990, j’ai repris le bar de mon père à Carcassonne, avec carte blanche pour le développer. Six ans plus tard, mon père est parti aussi. Il a eu la satisfaction d’avoir pu transmettre son business à son fils. Ce bar c’est le TROUVERE dans l’enceinte de Carcassonne. Un vieux nom du nord pour Troubadour en langue d’Oil, opposé à l’époque à la languie d’Oc. Un troubadour déjà voyageur…

J’ai épousé ma chérie Annouck et ensemble on a fondé une famille et bossé dur pour développer ce petit business. Notre fille Axelle a 22 ans et va devenir Kiné. Aujourd’hui le TROUVERE a 50 ans et en été on sert parfois entre 400 et 500 repas par jour. La restauration est un métier épuisant quand on essaye de toujours bien faire. On y laisse sa santé et ses années.  Je réalise que je n’ai pas assez profité de ma famille, pas assez vu grandir ma fille… Je le regrette. On ne profite jamais assez de ses proches, on est aspiré par le train train et les devoirs, on oublie nos besoins profonds. J’ai trop eu la tête dans le guidon. Alors que la famille a toujours été un vraie besoin pour moi.

Récemment j’avais vraiment eu besoin de faire un break. Lors d’une discussion l’été dernier avec mon copain Didier à Carcassonne il me parlait de sa prochaine aventure du Long Way Home avec des GS. J’ai roulé quasiment toute ma vie avec des Harley, je ne connais pas du tout les GS. Je suis allé a la deuxième réunion de préparation des équipages de cette grande expé en Touraine et suis devenu mordu. Exactement ce qu’il me fallait. Annouck m’a donné son feu vert. J’ai essayé une GS à Narbonne, Eric m’a trouvé une bonne affaire de GSA de 2017 et je me suis inscrit dans l’Aventure. La Harley et la GS sont 2 motos et 2 mondes différents. Mais avec un esprit semblable, celui de l’ailleurs. J’ai toujours rêvé de faire une trans-continentale telle que la Route de la Soie. Une façon sans doute de retrouver mon “moi”.

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